Freiburg-im-Breigsau à pied

Fribourg, le lundi 5 août 2019.

Avant de reprendre la route pour l’Alsace, la capitale du Bade-Wurtemberg, Fribourg, nous a invités à parcourir ses rues et ses édifices remarquables. Nous avons donc délaissé notre tandem pour la journée et visité la belle ville de Fribourg à pied.

Flâner dans la cité du Bade-Wurtemberg

Pour avoir une vue d’ensemble de la cité, nous avons pris de la hauteur en commençant par le Schlossberg et sa tour. Cette colline arborée de 456 mètres, qui domine la ville, fait partie de la Forêt Noire. Pour y parvenir, nous avons marché environ 3,5 km et traversé le quartier est. Le lycée Turenne, ancien lycée français, des maisons au charme quelque peu désuet et le pont de Schwabentor étaient sur notre chemin.

En route vers le Schlossberg, le lycée Turenne
Un vélo contre une façade d’une maison de la Talstrasse.
Façade de maisons de la Sternwaldstrasse.
Un tramway omniprésent sillonne la ville.
Le Schwabentorbrücke sur le Draisam est l’un des deux plus anciens ponts de la ville.

Le Schlossberg domine

La vallée de la Dreisam offrait, dès les époques les plus reculés, un axe de pénétration important vers la haute Forêt-Noire. Pour dominer la région, le Schlossberg présentait alors une situation stratégique incomparable.

Sur le flanc du Schlossberg surplombe le vignoble de Fribourg.

Le Schlossberg fut occupé au XIème siècle par les ducs de Zähringen. Ils établirent leur principal château-fort dont il ne reste que quelques ruines.

Quelques ruines du château qui dominait la région de Fribourg.
251 marches de l’escalier Salzbüchsle menant au pied de la tour du Schlossberg.
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La Schlossbergturm. Photo Wikipedia.org

Les ducs de Zähringen fondèrent au pied du Schlossberg et de leur château-fort la ville de Fribourg.

Vue côté Forêt-Noire, depuis la tour du Schlossberg.
Vue depuis la tour du Schlossberg. Au loin les Vosges.

A la suite de la guerre de trente ans, la ville qui appartenait alors aux Habsbourg et le Schlossberg furent pris en 1677 par les troupes françaises. L’architecte militaire Vauban va les transformer en forteresse moderne. En 1697, Fribourg réintégrera l’Empire mais sera à nouveau reconquise par les Français en 1713 et en 1744. Ces derniers, rasèrent de manière méthodique les fortifications avant leur départ. Heureusement, de nos jours le site est devenu un lieu de promenade paisible, loin des combats, des larmes et du sang.

Sylvie contemplative sur ce belvédère du Schlossberg. L’un des clochers de la cathédrale pointe.
La cathédrale entre les conifères.
Vue sur la Schwabentor, la tour de Souabe
Maison en gré rose avec arcades, encorbellement et Vierge à l’enfant.
Le tramway passe sous le Schwabentor
Tramway et vélo se partage le pavé.
Le Martinstor est l’autre de la ville.
Le clocher de Martinstor avec ses tourelles et l’horloge

L’Université, hommage à Husserl

L’Université Albert Ludwigs de Fribourg

L’université de Fribourg-en-Brisgau, Albert-Ludwigs-Universität fut fondée au XVème siècle. Homère et Aristote veillent à l’entrée. Les étudiants y affluent par centaines en bicyclettes. La bibliothèque universitaire d’architecture contemporaine jouxte les bâtiments anciens en gré rose.

L’université est bien gardé, Homère et Aristote veillent…
Le fondateur du Lycée, Aristote dans le rôle de concierge de l’Université de Fribourg.
Des centaines et des centaines de vélos. Les étudiants fribourgeois avant de faire travailler leur esprits font fonctionner leurs jambes.
« Die Wahrheit wird euch frei machen »
La vérité vous rendra libres
De l’autre côté de la rue, séparée par des voies du tramway, la bibliothèque ultramoderne.

Nous avons poussé la porte de ce haut lieu du savoir et de la recherche pour un salut particulièrement ému au philosophe Edmund Husserl, qui fut professeur de 1916 à 1928. Il succéda à Heinrich Rickert à la chaire de philosophie de cette université et fut remplacé par son assistant, un certain Martin Heidegger. Ce dernier, devenu membre de NSDAP, en deviendra le recteur en 1933. Année où le professeur Husserl se voit interdire l’accès à la bibliothèque de l’université en application de la législation antisémite.

A l’intérieur de l’Université : Philosophishes seminar und Husserl Archiv
bild vom älteren husserl
Husserl, philosophe, professeur à l’Université de Fribourg de 1916 à 1928.

Après la mort de Husserl en 1938, ses textes philosophiques ont été sauvés des nazis par le père franciscain belge Herman Leo Van Breda. Les archives de Fribourg possèdent des copies sur microfiches de tous les manuscrits de Husserl et permettent d’examiner et d’éditer l’énorme corpus philosophique de son œuvre de Husserl.

Après l’université, nous nous sommes mis en quête de visiter la cathédrale. Chemin faisant, nous nous sommes baignés dans le flot des rues piétonnes. Cette cité, la plus ensoleillée d’Allemagne apparaît chaleureuse. Elle attire de nombreux touristes allemands et d’autres nationalités.

Quelques aspects de la ville

Jean Premier. Comte de Fribourg.
Sylvie dans la ville.
On se rafraîchit comme on peut.
Un chien qui s’ennuie.
Une porte de la Salzstrasse ou rue du sel
Autre porte remarquable du centre piétonnier.
Encorbellement d’un grand magasin historique de la Münsterplatz, face à la cathédrale.
Sur la place de la cathédrale, Münsterplatz, le marché
La place du marché avec vue sur la maison rouge, magasin historique.

Des rigoles rigolotes

Deux sourires pour une photo.
Für unsere kleinen Künstler, Pour nos petits artistes.
Vélo fleuri.

Münster, la Cathédrale Notre-Dame de Fribourg

La cathédrale Notre-Dame, qui a été construite en 1120 sous le règne du duc Conrad de Zähringen, celui-là même qui a fondé le château du Schlossberg, est actuellement en cours de rénovation.

Une cathédrale en rénovation. Une statue sous haute pression.

Cet édifice à tour unique constitue la seule église gothique allemande dont la tour d’une hauteur 116m, a été achevée au Moyen Âge. Elle a miraculeusement été préservée jusqu’alors, survivant notamment aux bombardements du 27 novembre 1944, qui détruisirent beaucoup des maisons environnantes.

Nous connaissions, jusqu’alors, une seule cathédrale ayant une seule tour. Celle de Strasbourg, visitée quelques jour plus tôt. Qu’est-ce qui explique ce fait, alors que les cathédrales gothiques semblent toutes comporter deux tours ? En fait, avant 1827, cet édifice religieux n’était qu’une simple église paroissiale et seules les églises étant siège épiscopal avait deux tours en Allemagne. Le rapprochement entre la cathédrale de Strasbourg et celle de Fribourg n’est pas dénué de fondement. En effet, l’auteur du plan de la tour, Erwin von Steinbach, architecte religieux de son état, fut également le concepteur de la façade de la cathédrale de Strasbourg. Nous ne pouvions pas ne pas remarquer les similitudes.

Une cathédrale à tour unique comme celle de Strasbourg.
Détail du porche de la cathédrale de Fribourg avec ses nombreuses statues.
La nef de la cathédrale de Fribourg.
La patronne de la cathédrale de Fribourg est la Sainte Vierge Marie, mère de Jésus.
Le marché au coeur de la ville entoure la cathédrale.
Une des fontaines rafraîchissantes de la ville sur la place du marché, à côté de la cathédrale.

Dans les rues de Fribourg

Si Strasbourg est la capitale française du vélo, sans préjuger des autres villes allemandes, Fribourg n’a rien à envier à sa voisine outre-Rhin sur ce plan. En Guadeloupe, le vélo apparaît dérisoire comme moyen de locomotion, tout tourne, beaucoup trop d’ailleurs, autour de l’automobile. Il faut dire que la Basse-Terre par exemple n’est guère propice aux deux roues non motorisées. La passion du vélo existe bel et bien sur l’île aux belle eaux, d’ailleurs l’engouement pour les courses cyclistes et notamment pour le tour de Guadeloupe en témoignent. Ici à Fribourg, comme à Strasbourg, les pistes cyclables, nombreuses modèlent la ville et les comportements des automobilistes. Les cyclistes fourmillent de toute part. Piétons ce jour, nous flânons à travers la ville, mais devons rester vigilants. Les vélos sont peu bruyants.

Non loin de l’Université, un monument nous interpellent, une fontaine occupant une large place. L’eau s’écoule lentement à la surface. Ce monument est en fait commémoratif. Il a la forme de la base de la synagogue de la communauté israélite de Fribourg, synagogue incendiée par les SS dans la nuit du 8 au 9 novembre 1938. En faisant référence à la déportation et à la persécution des Juifs, il participe en même temps au travail des mémoires. On est en droit de se demander comment il a été possible à Martin Heidegger, pourtant philosophe, ayant été forcément témoin de ce genre d’actes sans nom, de cotiser au parti nazi jusqu’en 1945. Cela ne peut donc être une erreur. On dira, c’est du passé. Certes, mais il n’est pas aussi lointain que cela.

Monument dédié aux victimes du nazisme 1933-1945
Des pavés et des couleurs. Fribourg.
Pas de tramway en vue pour l’instant. Fribourg.
Johanneskirche. Eglise Saint Jean. Fribourg.
Johanneskirche. Eglise Saint Jean. Fribourg.
Gertrud-Luckner-Gewerbeschule. Ecole professionnele de Fribourg.
De l’insolite dans la Günterstrasse. Fribourg.
Rivière pourpre. Des travaux en amont colorent la Dreisam.

Nous n’avons pas pu tout visiter tant la capitale du Bade-Wurtemberg apparaît riche de lieux et de sites remarquables. Une seule journée n’aura pas suffit. Cependant, nous la quitterons le lendemain matin pour traverser le Rhin et retrouver la France.

De retour au camping, nous nous faisons un petit plaisir, simple et local. « Bier und Bretzel » !

Quoi de mieux après une promenade urbaine pédestre que de déguster des bretzels avec une bonne bière ?

Publié par

Hervé Moine

Professeur certifié de philosophie, enseignant au Lycée Polyvalent de Pointe Noire en Guadeloupe, depuis la rentrée 2007. Précédemment au Lycée des îles-sous-le-vent à Raiatea en Polynésie française et dans un certain nombre d'établissements de l'Académie de Nancy-Metz. Actuellement en disponibilité pour effectuer un tour autour du monde en tandem.

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